NBA Finals 2013-2014
: San Antonio Spurs - Miami Heat
Getty Images / Andrew D. Bernstein Game 1 : l'histoire de ce premier match disputé à San Antonio aura été le problème de la
climatisation de la salle. En effet, un problème électrique a empêché celle-ci de fonctionner, et le match s'est déroulé dans un véritable
sauna. Et les commentateurs n'ont pas arrêté de plaisanter sur le fait que si les spectateurs criaient comme l'année dernière "
Beat the Heat !", c'était particulièrement le problème de tout le monde lors de cette soirée…

À part cela, le match était intéressant, et beaucoup plus serré que ce que le score final laisse penser. L'écart est resté très faible sur les trois premiers quarts-temps et Miami a attaqué le dernier avec 4 points d'avance, et même
7 points à 10 minutes restantes. C'est alors que
Lebron James (
cf. photo ci-contre), victime de
crampes, a du sortir. Et le Heat sans James, ce n'est plus vraiment la même équipe

. Comme par hasard, les
San Antonio Spurs se sont mis alors à enchaîner les paniers et ont
totalement dominé la fin de match - ils remportent le quatrième quart-temps de 19 points !
Game 2 : un vrai match comme on les aime !

Égalité parfaite à la mi-temps, 1 seul point d'écart à la fin du troisième quart-temps, et ce faible écart qui dure jusqu'au "
money time", ce qui nous donne une
fin de match à suspense, et pourquoi pas une prolongation.
À 1'30" de la fin, 1 point d'avance pour San Antonio, puis 2 points d'avance pour Miami à 1'00". Tout semble encore possible dans ce match, mais les Spurs commettent
un "turnover" qui leur coûte cher, et ils se retrouvent menés de 3 points à 30s, puis de 5 points à 9.4s. Un tir à 3 points au buzzer de Manu Ginobili ne suffira malheureusement pas, et le
Miami Heat prend donc l'avantage du terrain dans cette série en égalisant un match partout. Pour San Antonio, il faudra donc maintenant aller gagner au moins un match à Miami, ce qu'aucune équipe n'a encore réalisé dans ces playoffs…

Getty Images / Nathaniel S. Butler Game 3 : le match des
records en première mi-temps !!

Les San Antonio Spurs ont rapidement pris une avance de 10 points (10-20), et celle-ci n'a cessé d'augmenter jusqu'à la mi-temps. En fait, tous leurs paniers semblaient rentrer au point que l'un des commentateurs n'hésitait pas à dire que l'on se croirait dans un "jeu vidéo" !

Les Spurs ont ainsi converti
19 de leurs 21 premiers paniers, et ont fini la mi-temps à
25 sur 33, battant ainsi à
75.8% le
record de pourcentage de réussite dans une mi-temps des NBA Finals (75% en 2009). Il faut savoir que l'on considère déjà comme une bonne performance de dépasser les 50%, et qu'à la moitié du second quart-temps (avec 8 minutes à jouer), les Spurs en étaient encore à 90% de réussite !
Ils terminent la première mi-temps à 71 points,
21 points d'avance (ce qui constitue le troisième plus gros écart à la mi-temps en finales). Peu de suspense donc cette fois en seconde mi-temps.
Kawhi Leonard (
cf. photo ci-contre) termine à 29 points, son plus gros total en playoffs dans sa jeune carrière. À noter que cette
victoire à l'extérieur (qui re-donne donc l'avantage du terrain et dans la série à San Antonio) est la
38ème de ces playoffs, nouveau record NBA.
Game 4 : difficile d'imaginer que les Spurs puissent
ré-éditer leur exploit offensif du match précédent une seconde fois consécutive (et toujours à l'extérieur)… C'est pourtant (presque) ce qui s'est passé !!

Pour le second match consécutif,
Boris Diaw (
cf. photo de droite ci-dessous) était aligné en titulaire (dans le 5 de départ). Il est vrai que le "deuxième français" est monté en puissance dans ces playoffs, et est devenu un
remplaçant de luxe, au même titre que Ginobili (et même meilleur en terme de statistiques pures). Il était logique que Gregg Popovitch le mette un jour ou l'autre dans les 5 titulaires, d'autant que son gabarit permet un pendant à Lebron James. Il a une nouvelle fois "fait le job", même si la performance du soir pour San Antonio est
encore à mettre au crédit de
Kawhi Leonard, étonnant d'agressivité (au bon sens du terme).
Getty Images / Andrew D. BernsteinAlors certes, les Spurs n'ont marqué QUE 55 points en première mi-temps (au lieu de 71 lors du game 3), mais leur défense a également limité le Heat à un
tout petit 35% de réussite, et 36 points. Le résultat est donc quasi le même que lors du match précédent :
19 points d'avance à la mi-temps (21 en game 3). Et cet écart n'est pas descendu en-dessous de 13 lors des deux quarts-temps suivants. C'est le
11ème match de ces playoffs que les Spurs remportent
de 15 points ou plus,
nouveau record NBA (et les chiffres descendent vite : la deuxième performance est de 10 en 1985, la troisième est de 8 matchs en 1996, puis 4 équipes à 7). Cette défaite de Miami
interrompt une série (la troisième plus longue de l'histoire) de
48 matchs de playoffs
sans avoir perdu deux matchs consécutifs.
Les choses semblent désormais bien engagées pour les
San Antonio Spurs (un déficit de 1-3 n'a jamais été remonté en Finales, et seulement quelques fois en playoffs), d'autant que le
changement de format leur est archi-favorable dans ces circonstances : le match 5 (après 3 jours de repos) aura lieu
à San Antonio (et l'éventuel match 6 à Miami), ce sont les deux seuls matchs qui sont inversés par rapport à l'ancien format.
Game 5 : une seule question alimentait les médias avant ce match 5, "
les Spurs allaient-ils devoir retourner à Miami pour le rematch du game 6 de l'année dernière ?". Un match
incroyable où San Antonio n'était qu'à 5 secondes de remporter le titre NBA, où la coupe avait même été brièvement (et trop tôt…

) amenée sur le terrain du Heat, avant que ceux-ci ne renversent la tendance et forcent un match 7 qu'ils avaient également remporté à domicile.
Et les interviews de ces derniers jours des stars de San Antonio montraient bien combien
la frustration avait été grande la saison dernière, et
motivante pour cette saison 2013-2014. Laquelle s'est terminée sur 62 victoires pour 20 défaites (meilleur bilan de la Ligue cette saison, même si ce n'est pas le record historique) et en a fait les favoris logiques. Encore fallait-il concrétiser les espoirs dans les Finales de cette année, où le Heat de Miami entendait bien réaliser le "
3-peat" (
trois titres consécutifs, après être en Finals 4 années successives). Notons également que cette année, c'est San Antonio qui avait l'avantage du terrain, donc même en retournant à Miami pour un match 6, le match 7 aurait lieu à San Antonio…
Getty Images / Andrew D. BernsteinLe début du match a été
atypique dans cette série : alors que c'était pourtant le point fort des Spurs jusqu'à présent (dans chacun des tours de ces playoffs), ils ont
clairement été dominés par le Heat, commençant par 8-0, puis
22-6 (!) en moins de 7 minutes de jeu (soit la
plus large avance de Miami dans toutes ces finales…

). Heureusement, San Antonio réagit, réduisant l'écart à 7 points en fin de premier quart-temps (29-22). Et cette remontée se poursuit, puisqu'à
4'30" de la fin du deuxième quart-temps, les Spurs prennent
l'avantage pour la première fois du match (35-37). Et ils terminent la mi-temps avec 7 points d'avance à leur tour (40-47 ; ils ont donc dominé
11-25 le deuxième quart-temps…

).
Pourtant,
Tony Parker (
cf. photo ci-contre) n'est vraiment pas en réussite ce soir : après 3 minutes dans le troisième quart-temps, il n'a
toujours pas marqué (0 sur 8 au shoot !!). Il se rattrapera au quatrième (terminant à 16 points), mais pour l'instant c'est surtout Leonard et les trois-points de Ginobili qui permettent aux Spurs d'accroître progressivement leur avance. À 6 minutes de la fin du troisième, cette avance est déjà de 17 points (42-59), puis
21 points une minute plus tard (44-65), forçant Erik Spoelstra, le coach des Miami Heat, à prendre un temps-mort qui ressemble déjà à un
constat d'échec.
En 7 minutes de jeu dans le troisième quart-temps, Miami n'a engrangé
que 4 malheureux points, contre 18 pour leurs adversaires, qui restent pour leur part sur le tempo du second quart-temps.
Cinq minutes plus tard, le troisième quart-temps se termine sur le score de 58-77, et honnêtement, l'issue du match et de ces Finals 2013-2014 ne
fait déjà plus aucun doute…

Encore une fois dans ces finales (comme d'ailleurs dans la plupart des matchs de San Antonio lors de l'ensemble de ces playoffs), le quatrième et dernier quart-temps n'est qu'un long "
garbage time", qui permet à Gregg Popovich de faire
progressivement sortir en fin de match toutes ses stars. Dans un ballet bien organisé, au rythme d'un joueur toutes les minutes environ, c'est l'occasion pour Ginobili, Green, Splitter, Diaw, Parker et Duncan de recevoir
successivement les acclamations du public en quittant le parquet pour la dernière fois de la saison. Le match se termine sur le score de 87-104, 12
ème victoire de plus de 15 points (
record NBA) pour San Antonio, qui a
réellement dominé tous ces playoffs (+214 points au total des matchs !

)… Leur "+14.0" points de moyenne en finales est
également un nouveau record NBA (de loin, puisque le précédent record était de 12.6 en 1965…

).
Score Final |
| |
San Antonio Spurs | Miami Heat |
| 4 | 1 |
Conclusion
Getty Images / Andrew D. BernsteinC'est le
5ème titre NBA pour les
San Antonio Spurs (99, 03, 05, 07, 14), le dernier remontant à 7 ans.
Tous avec
Gregg Popovich aux commandes et
Tim Duncan, 4
ème pour Manu Ginobili et Tony Parker (qui devient ainsi l'européen le plus titré), le premier pour Boris Diaw.
Cette victoire concrétise une nouvelle fois le "
système Popovich" ou "
système San Antonio" : des stars
sous-payées (relativement à ce qu'ils pourraient gagner dans d'autres équipes) qui se mettent au service
d'un collectif, et permettent ainsi d'avoir un "banc" (les remplaçants)
très efficace (d'autant que Popovich n'hésite pas à beaucoup faire tourner son équipe).
Et cela n'est pas que subjectif, cela se voit également dans les
chiffres bruts :
- Miami a dans ses rangs le meilleur joueur actuel, Lebron James. Celui-ci a marqué, dans ces 5 matchs de finales : 25, 35, 22, 28 et 31 points. C'est impressionnant…
Il est de loin le meilleur joueur de ces finales, mais il a été peu secondé par ses coéquipiers (y compris les autres stars du "Big Three", Chris Bosh et Dwayne Wade), et a tenu l'équipe à lui seul. - À l'inverse, le banc de San Antonio (à commencer par Ginobili et Diaw) a PLEINEMENT contribué au succès des Spurs. Un chiffre clé parle de lui-même. Sur l'ensemble des playoffs (les 4 tours), le meilleur marqueur de San Antonio est Tony Parker, avec une FAIBLE moyenne de 17.4 points. C'est évidemment bien inférieur à celle de James, et cela constitue même un record NBA : la plus faible moyenne d'un leader d'une équipe victorieuse.
=>
Résultat sans appel : le banc de San Antonio est à +91, celui de Miami à -81…

Getty Images / Andrew D. BernsteinSans surprise, le titre de
MVP de ces Finales revient à
Kawhi Leonard (
cf. photo de droite ci-dessus), qui non seulement a été le meilleur marqueur des Spurs sur les trois derniers matchs (29, 20 et 22 points), mais a également été un
facteur décisif en terme de défense avec ses "
steals" et ses "
blocks" (dans le match 4, il est en tête des stats de San Antonio dans
4 des 5 catégories 
!
Voir les statistiques en cliquant sur le lien en haut de page).
En 1999, c'est son coéquipier Tim Duncan qui recevait ce trophée, lui aussi dans sa seconde saison NBA, il y a 15 ans. À noter que cet écart de 15 ans
entre deux titres NBA est le deuxième plus grand de l'histoire (Kareem Abdul-Jabbar = 17 ans).
Comme chaque année, on va maintenant se poser la question de la
retraite pour Duncan, Ginobili, voire même de coach Popovich. Je pense que ce dernier va encore rester deux ou trois ans, jusqu'à la retraite de Parker (qui a déjà annoncé sa retraite de l'équipe de France après l'Euro 2016).
Pour Duncan et Ginobili, l'année prochaine pourrait être
l'ultime baroud (pour défendre le titre)…
Quelques autres statistiques et infos :
- 52.8% de réussite au shoot sur l'ensemble de ces finales. C'est le nouveau record NBA (deux équipes avaient fait 52.7%). Et avant le dernier match, les Spurs étaient à 54.2%.
- 117 victoires en playoffs du trio "Duncan/Parker/Ginobili", record absolu battu cette année (passant devant les 110 du trio magique des Lakers dans les années 80s, avec notamment Kareem Abdul-Jabbar et Magic Johnson).
- Quelle belle saison pour Tony Parker : après avoir remporté le championnat d'Europe avec l'Équipe de France, il devient papa pour la première fois en début de ces playoffs 2013-2014, puis remporte son 4ème titre NBA. Que demander de plus !

- Gregg Popovich est le 5ème coach à obtenir au moins 5 titres. Il partage désormais la troisième place du classement avec Pat Riley et John Kundla, derrière Red Auerbach (9 titres) et Phil Jackson (11 titres).