NBA Finals 2014-2015
: Golden State Warriors - Cleveland Cavaliers
Game 1 : difficile de faire plus stressant que ce premier match des Finales 2014-2015 !

Bon, on a eu un peu peur (pour le suspense) au premier quart-temps (-10 pour GS), mais ils sont revenus au deuxième (-3 à la mi-temps), et égalisé au troisième. Du coup, le "vrai match" a débuté dès le début du quatrième et dernier quart-temps. Et ce fut serré jusqu'au bout (les stats des deux équipes sont TRÈS équilibrées,
cf. fiche), tellement serré d'ailleurs que cela s'est terminé sur une
prolongation 
(98-98). Ce n'est
que la 6ème fois dans l'histoire qu'un "
Game 1" des Finales va en prolongation (la dernière fois en 2001).
Une prolongation TRÈS DÉFENSIVE (ou peu en réussite côté offense), puisqu'il a fallu attendre près de 3 minutes (sur 5 minutes attribuées à la prolongation) avant de voir des points marqués. Et lorsque
Harrison Barnes a marqué un shoot à 3 points pour les Warriors à 2 minutes de la fin, l'écart était fait (98-105, plus grosse avance du match pour GS). En fait, Golden State a
totalement dominé cette prolongation, le
seul panier réussi des Cavaliers étant sans défense (à 10 secondes de la fin).
Lebron James termine avec un score
hallucinant de
44 points (

!, record en carrière), mais il a loupé ses deux derniers lancers à 3 points dans les dernières minutes (un peu désespérés, il est vrai).
Game 2 : encore un match
très serré !!

Égalité au premier quart-temps, +2 Cleveland au deuxième, puis +3 à la fin du troisième. Il faut donc attendre le dernier quart-temps pour voir un
avantage significatif pour l'une ou l'autre des deux équipes, en l'occurence les Cavs, qui mènent désormais 83-72 à
3'13" de la fin. Vu qu'ils ont été légèrement devant pendant tout le match, on se dit alors que cet avantage de 11 points devrait suffire, mais
Stephen Curry marque enfin un 3-points qui entame une remontée improbable des Warriors. Il faut signaler que le MVP de la saison livre ce soir une
performance désastreuse : avant ce 3-points, il n'avait pas marqué depuis 18 longues minutes, et finira le match avec un score de
5 sur 23 
! (en fait, c'est le
troisième pire pourcentage de l'histoire pour un MVP en Finals, les deux en-dessous étant le fait d'un même joueur en…
1957 
!!!).
Toujours est-il qu'à la surprise générale, Golden State parvient à refaire son retard en quelques actions, dont l'égalisation par Curry à 7 secondes de la fin. Et
c'est reparti pour une prolongation 
! (c'est la première fois que les
deux premiers matchs d'une Finale NBA vont en prolongation…). Une prolongation aussi serrée que le match, avec donc beaucoup de suspense. Lorsque Stephen Curry met les Warriors devant (92-93) à 30" de la fin, on peut encore croire au miracle, mais Matthew Dellavedova convertit deux lancers-francs à 10" (94-93), puis Curry fait un "
air-ball" qui résume à lui seul son mauvais match, et Lebron James n'a besoin que d'un lancer-franc pour clore les débats.
Notes :
- les Cavaliers étaient privés de leur "second meilleur" joueur, Kyrie Irving, qui s'est fracturé le genou dans les dernières minutes du Game 1 (et a subi une intervention chirurgicale samedi ; on ne le reverra sans doute plus dans ces Finals).
- au-delà de la piètre performance de Stephen Curry (21.7 %) déjà signalée plus haut, il faut aussi souligner en face le faible pourcentage de l'équipe des Cavs : 32.2% (cf. fiche). Il faut remonter à la saison 1984-1985 pour retrouver un aussi faible pourcentage en playoffs pour une équipe néanmoins GAGNANTE.
- c'est finalement la première victoire en Finals de la franchise de Cleveland. Lors de leur seule autre finale, en 2007, ils avaient été "sweepés" (4-0) par les San Antonio Spurs.
Game 3 : Golden State s'attendait à souffrir un peu lors de ce premier match à Cleveland, mais ce ne fut
pas vraiment le cas en première mi-temps. Certes, les Cavaliers sont continuellement devant, mais l'écart reste de 3-4-5 points, un peu comme lors du match 2. Ils bénéficient néanmoins du dernier ballon de la mi-temps, et un 3-points porte leur avance à
+7 (plus grosse de la soirée) à la pause. C'est au troisième quart-temps qu'ils vont
faire la différence puisqu'ils remportent cette période 18-28 et qu'ils entament donc le dernier quart-temps avec une avance
considérable de 17 points 
.
Mais exactement comme lors du
Game 2, les Warriors font une
remontée spectaculaire et innattendue : en seulement 2 minutes, ils marquent un 8-0 qui permet de couper près de 50% de leur retard, et à 7'34" de la fin, après un 3-points de
Stephen Curry, l'écart n'est plus que de
4 points 
!! Notons que c'est un peu le réveil (tardif) du MVP, qui fait un deuxième
mauvais match consécutif (en particulier avec une première mi-temps à seulement 3 points ; il marquera 24 pts en seconde, dont 17 dans ces 7 dernières minutes du match…). On repart donc sur un match serré, et l'écart atteint même
1 seul point (à 2'45") après un nouveau 3-pts de Curry. Les Cavs répondent à leur tour par une bonne série de 0-7, et Curry continue à performer à 3 points : 5 points d'écart à 1 minute de la fin. Une dernière minute comme souvent INTERMINABLE

(turnovers, fautes et time-outs à répétition), mais qui ne change pas l'issue du match, le retour des Warriors ayant été
trop tardif…
Note : avec un total de
123 points marqués sur les
3 premiers matchs de ces Finals,
Lebron James bat le record historique de cette catégorie (122).
Game 4 : même si on n'est qu'à peine à la moitié de ces finales, Golden State savait
l'importance de ce match 4. En effet, lors des 32 fois où une équipe s'est retrouvée menée 1-3 en finale,
jamais elle n'a réussi à gagner les 3 matchs suivants pour remporter le titre (mais il est vrai que cette statistique était sur l'ancien format 2-3-2 des Finals). Et les Warriors ont parfaitement fait le boulot

! En fait,
tout allait mieux pour eux ce soir : les shoots auparavant ratés de quelques centimètres rentraient, et en défense, ils ont réussi à
limiter Lebron James à 22 points (lequel a joué la moitié du match avec une
grosse entaille à la tête suite à une chute contre une caméra).
Andre Iguodala, qui ce soir était dans le 5 de départ pour Golden State à la différence des trois premiers matchs, a marqué 4 tirs à 3-points, et Stephen Curry en a ajouté 4 lui aussi. Les Warriors ont remporté les deux premiers quarts-temps respectivement de +7 et +5 (soit +12 à la mi-temps), et même si Cleveland a coupé ce retard de moitié dans le troisième, l'embellie ne s'est pas poursuivie au quatrième, encore
tout à l'avantage de Golden State. Du coup, c'est la première fois que les stars des deux équipes sont sorties si tôt - à 5 minutes de la fin, et que l'écart final est si important.
Game 5 : un début de match
tendu (pour l'importance de ce match 5, lire ce que j'ai dit sur la
NHL pour le "
Game 5", c'est pareil en NBA…

), puisqu'il faut attendre
plus de 3 minutes avant de voir les premiers points marqués ! Puis léger avantage de Golden State, mais vite comblé par Cleveland :
22-22 à la fin du premier quart-temps. C'est au tour de Cleveland de prendre une légère avance dans le deuxième, mais là aussi les adversaires reviennent :
50-51 à la mi-temps. Le troisième quart-temps est tout aussi serré, mais les Warriors réussissent un bon run pour finir la période et tournent en tête :
67-73. Cet avantage n'est cependant pas significatif, et dès le début du quatrième les Cavaliers font le forcing pour
égaliser 75-75 à 9 minutes restantes. Le duel de fin de match est lancé…

Comme lors des deux premiers matchs,
chaque panier rentré,
chaque shoot raté ou
chaque faute COMPTE dans ces 7-8 minutes restantes. À ce petit jeu, émaillé d'erreurs diverses des deux côtés, le premier moment décisif a lieu à environ 4 minutes de la fin. Golden State est à +2 et
Andre Iguodala marque un joli 3-points (+5), puis Curry intercepte une passe des Cavs, Thompson rate son 3-pts ambitieux, mais Iguodala prend le rebond et marque (avec la faute, mais le lancer-franc est loupé). Du coup, +7 pour Golden State à 3'30". Et un
nouveau 3-points réussi par
Stephen Curry (
note : qui approche à lui seul des 100 réussites dans ces playoffs 2015, alors que lors de la première saison où les 3-points ont été introduits, en 1980, l'ensemble des joueurs n'en avait réussi que 90… 
) à 2'43" semble clore les débats (GS +10). C'est
encore lui qui met un terme final au suspense en marquant un 3-pts à 1'10" (un peu chanceux, celui-là…

). Retour à Cleveland ce mardi…
Game 6 : ce match commence avec un
net avantage pour Golden State (pourtant à l'extérieur) puisqu'ils ont
13 points d'avance à l'issue du premier quart-temps (28-15). Heureusement, les Cavaliers reviennent au deuxième et le score est de
45-43 à la mi-temps. Le troisième quart-temps est tout à l'avantage des Warriors (+10 sur cette seule période) et
on voit mal comment Cleveland va pouvoir refaire ces 12 points de retard lors du dernier quart-temps. En fait, "l'avantage du terrain" se retourne contre les Cavs, car le public semble
déjà résigné et
n'encourage guère son équipe.

C'est donc dans une
ambiance glaciale que s'écoulent les dernières minutes (alors qu'il y a
potentiellement match : juste +10 pour GS). Les efforts des Cavs (revenant à 4 points à un moment

) n'y feront rien, et Golden State remporte le match et donc le titre.
Score Final |
| |
Golden State Warriors | Cleveland Cavaliers |
| 4 | 2 |
Conclusion
Ces
Finals 2014-2015 ont été
palpitantes, réalisant d'ailleurs le meilleur "
rating" télévisuel depuis 1998

.
Très serrées aussi, puisqu'on a débuté par
deux matchs en prolongation et que la plupart des autres matchs sont restés indécis jusqu'à la fin (un peu moins sur la fin des matchs 4 et 6).
AP Photo / Paul SancyaPour les
Golden State Warriors, c'est le premier titre
depuis 40 ans (1975), alors que Cleveland reste sur sa série de plus de 50 ans sans aucun titre dans
aucun sport professionnel (1964 ; en fait leurs 3 équipes, en NBA, en NFL et en MLB, ont désormais un total combiné de
144 saisons sans titre…

).
Le retour de
Lebron James dans sa région natale n'aura donc pas suffit, malgré des performances étonnantes dans ces matchs, mais il faut dire que les Cavaliers avaient perdus deux de leurs joueurs majeurs dans ces playoffs (Kevin Love et surtout Kyrie Irving étaient absents sur blessure).
Du côté des Warriors, ils pouvaient compter sur le MVP de la saison régulière,
Stephen Curry, en particulier irrésistible sur ses tirs à 3-points (à part dans le match 2). Mais leur performance globale de cette saison (67 victoires en saison régulière et 83 victoires au total, soit le 3
ème meilleur total de l'histoire) doit aussi
beaucoup à leur
coach Steve Kerr.
Après avoir gagné 5 titres en tant que joueur (3 dans les années 90s en tant que coéquipier de Michael Jordan chez les Bulls, puis 2 chez les San Antonio Spurs dans les années 2000s), c'était sa
toute première année en tant que coach, et il a parfaitement su créer une
bonne alchimie dans cette jeune équipe de Golden State. Et c'est en particulier lui qui, en fin de "
Game 3", alors que les Warriors étaient menés de 20 points, a
complétement changé son équipe, qui a alors effectué une belle remontée, avant de s'incliner finalement de peu. Du coup, ce "
small lineup", déplaçant Green au centre et remplaçant un Bogut inefficace jusque là par un flamboyant Iguodala, a été reconduit dans les trois matchs suivants et ce coaching a
fait une différence 
.
D'ailleurs, c'est
tout un symbole que ce soit justement
Andre Iguodala (auparavant "6
ème homme" de l'équipe, et donc dans le 5 de départ depuis le match 4) qui ait été élu
MVP de ces Finales (
cf. photo, à droite, en compagnie de Curry à gauche, avec les deux trophées)…