Super Bowl LX 2025-2026
: Seattle Seahawks - New England Patriots
Première mi-temps
La retransmission (sur NBC cette année) débute par un
SUPERBE clip d'introduction (de 4'30"), qui parle de l'historique du Super Bowl, et qui comporte quelques images de certains moments clefs, ainsi que de brefs commentaires d'inconnus mais aussi de quelques légendes de la NFL (comme Joe Montana ou Emmit Smith). On retrouve d'ailleurs ces quelques légendes en direct sur le terrain pour le "
pre-game show".
L'hymne est chanté par Charlie Puth (que je ne connais pas…), et qui joue sur un piano
Rhodes (que je connais par contre très bien

, ça fait bizarre d'en revoir un) : très bon, très sobre, et comme toujours on est impressionné par la
synchronisation des avions de l'
U.S. Air Force qui passent
juste au moment de la fin de la chanson (
cf. photo ci-dessous)… Quelques stars sont dans le stade : Roger Federer, Jon Bon Jovi, Jay-Z, Justin Bieber, Adam Sandler.
Pour le "
toss" (tirage au sort), les trois anciens MVPs présents sur le terrain sont
Lynn Swann (qui est un vieux des années 70s que je n'ai jamais vu),
Peyton Manning et
Joe Montana (qui sera chargé de lancer la pièce). La pièce de monnaie utilisée est une
médaille historique (à cause de l'anniversaire des 250 ans des États-Unis) qui ira au Musée National après le match. Le tirage est remporté par les Patriots, qui sans surprise choisissent d'engager (afin de recevoir la première possession de la seconde mi-temps).
NFL / Perry KnottsLa météo au coup d'envoi : ciel tout bleu, grand soleil en cette fin d'après-midi, 19°C.
Note: avec tout ce protocole d'avant-match, ainsi que quelques pubs (pas tant que ça), ma vidéo est déjà à
53 minutes lors du coup de pied d'ouverture…

Le premier drive est donc pour Seattle (à cause du toss), et se termine par un field-goal facile (
3 - 0). De leur côté, les Patriots, emmenés par leur quaterback
Drake Maye (qui, à 23 ans, est le deuxième
plus jeune QB à débuter un Super Bowl, derrière Dan Marino), ont beaucoup plus de mal à progresser (bonne défense de Seattle) et sont finalement obligés de punter. Les Seahawks sont bloqués à leur tour, puis les Patriots à nouveau : la tendance est
clairement DÉFENSIVE dans ce début de match.
Au début du deuxième quart-temps, deux
belles courses (consécutives) de
Kenneth Walker amènent les Seahawks dans la "
red zone" (c'est à dire à moins de 20 yards de l'embut adverse), mais à nouveau il doivent se contenter d'un field-goal, ce qui est déjà pas mal

au vu des deux défenses pour le moment dans ce match. De fait, les attaques des deux côtés
continuent d'être bloquées : en 9 possessions, on a eu 7 punts (et donc les deux FGs de Seattle). Dans les dernières secondes de la première mi-temps Seattle ajoute un troisième field-goal, et la pause est donc sifflée sur le score de
9 - 0.
À l'issue de cette première mi-temps, les statistiques offensives sont
TRÈS MAUVAISES des deux côtés. Et si Seattle semble dominer avec plus de trois fois plus de yards, c'est trompeur : ils ont en effet eu la dernière possession en plus par rapport à New England, et ils bénéficient des deux grosses courses de Walker. Le diffuseur nous rappelle certains "
SB-facts" (qui n'ont pas grande valeur) :
- aucune équipe dans l'histoire n'a réussi à remporter un Super Bowl avec un score vierge à la mi-temps.
- c'est la 5ème fois qu'il n'y a pas de touchdown à la mi-temps.
- les 51 yards (total) de New England sont le troisième plus faible total offensif d'une équipe à la mi-temps.
- à l'inverse, les 94 yards à lui seul (en 14 courses, dont deux à plus de 25 yds) de Kenneth Walker sont le deuxième meilleur total à la mi-temps d'un SB (le record étant à 131).
Publicités
Comme d'habitude, un mot sur les
publicités diffusées pendant le Super Bowl.
À noter : à part les pubs Peacock (séries TV) et celles de NBC pour les JOs, qui ont été largement multi-diffusées,
AUCUNE pub n'a été diffusée
plusieurs fois (sauf une, deux fois). C'est aussi cela qui rend les pubs du SB
intéressantes : elles sont nouvelles (pour la plupart) et pas rabâchées tout le match…
- Bande-annonces cinéma :
- "Scream 7" (je pensais que cette saga était finie depuis longtemps).
- "Disclosure Day", un film de science-fiction par Steven Spielberg (ça a l'air bien
!). - "Project Hail Mary", un autre film de science-fiction.
- Vedettes (cinéma ou sport) : Serena Williams, Jeff Goldblum, Brad Pitt, Emma Stone, Adrien Brody, Mike Tyson, Owen Wilson, William Shatner (que je croyais décédé, 94 ans), Melissa McCarthy, Charles Leclerc, George Clooney, Chris Pratt, Walton Goggins.
- Divers :
- une pub pour le "Flag Football" (c'est comme le foot-us, mais sans les contacts), qui sera aux prochains JOs de Los Angeles.
- BEAUCOUP de pubs pour les séries de Peacock, qui est co-diffuseur de l'évènement (du coup, je pense que leurs espaces pub doivent être gratuits, ou fortement soldés…). De même, la pub de NBC pour les JOs (propriété de NBC depuis des décennies) a été multi-diffusée.
- une pub pour la toute nouvelle équipe de Formule 1, qui débute en mars prochain : Cadillac.
- marques toujours présentes au SB : DrafKings, StateFarm, Microsoft, Pepsi.
- La palme de la meilleure pub : j'ai noté cette année 3 pubs "excellentes".
- Uber Eats, avec Matthew McConaughey et Bradley Cooper.
- Xfinity (internet et téléphonie), avec des séquences du film "Jurassic Park" (l'original…) re-travaillées, PUIS des séquences nouvelles avec la participation des acteurs originaux (Jeff Goldblum et Laura Dern).
- et LA meilleure cette année
: Michelob (bière), avec Kurt Russell qui joue un entraîneur de ski sur la musique de Rocky, avec également une référence à "Kill Bill".
Halftime
L'artiste (et la "semi-polémique") :
Bad Bunny est un rappeur Porto-Ricain, et il est l'artiste qui a obtenu le plus de streams sur Spotify en 2025. Dès l'annonce, l'administration Trump a
vivement critiqué ce choix. En effet, certaines paroles de ses chansons font référence à l'indépendance de son île native vis-à-vis des États-Unis (dont elle est l'un des territoires). D'autre part, il a plusieurs fois critiqué la nouvelle politique anti-immigration des États-Unis. Mais la League NFL a très vite fait savoir qu'elle
résisterait à toute pression politique, et qu'elle ne modifierait pas sa décision (
note: à part la renommée du chanteur, son intérêt pour la NFL est d'élargir son audience auprès de la communauté Latino…).
En cela, la League semble avoir
appris de ses erreurs passées : on se souvient en effet que pendant le premier mandat de Trump (en 2017), il y avait également eu une
forte pression de l'administration concernant le mouvement de protestation des joueurs (contre le racisme). À cette époque, la NFL avait répondu favorablement en
condamnant les joueurs (ce qui a mis fin à la carrière prometteuse de l'ancien quaterback de San Francisco, Colin Kaepernick, qui avait été à l'origine du mouvement). Mais céder ainsi à la colère du Président
s'est révélé coûteux : une fois les tensions apaisées, il a fallu payer plus d'une centaine de millions de dollars, créer des protocoles et divers commités d'observation, etc… Et finalement faire des excuses aux joueurs pour la mauvaise gestion du conflit.

Cette fois, hors de question de céder, d'autant que pour être franc, l'affaire est bien moins sérieuse qu'en 2017 : cela n'implique ni les joueurs, ni les matchs, ni les clubs. Ce n'est qu'un "
Halftime-Show"…

NFL / Brooke Sutton Le show : bon, cela fait déjà de nombreuses années que l'on n'est plus surpris (ni vraiment enthousiasmés…) par les "
Halftime Show" : plus de légendes du rock et de "vraie" musique live, mais des artistes de la nouvelle génération, se produisant en duo ou trio (voire plus), et avec des shows plutôt fondés sur des danseurs et non des musiciens. Mais on notera cette année une
BELLE INVENTIVITÉ !

Déjà sur le
décor : l'artiste commence sa prestation en naviguant dans une sorte de
labyrinthe de bambous (installé sur le stade à la vitesse de l'éclair pendant la coupure pub). La "scène" est en fait le toit d'un bâtiment, et surplombe donc cette forêt de bambous. Pendant sa chanson un méchanisme l'amène à "tomber" à l'intérieur du bâtiment, il en ressort par la porte. C'est bien fait et assez surprenant.
Il chantera ensuite sur le toit d'une camionnette (
cf. photo ci-contre !), puis sur une seconde scène, plus classique celle-ci, avec une chanteuse dont je n'ai pas le nom, tout cela entouré comme d'habitude d'une pléthore de danseurs, mais également de figurants qui racontent une histoire en filigrane (celle d'un mariage : on a eu les fiançailles au début, puis le mariage lui-même). On est vraiment sur une
ambiance festive, un show qui peut paraître un peu désorganisé (mais qui ne l'est évidemment pas : les caméras passent ENTRE les danseurs, qui s'écartent juste au bon moment, tout cela est bien répété…), mais en tout cas
bien loin des chorégraphies au millimètre des dernières années, où rien ne dépassait (et qui étaient très "froides"…).
On a ensuite droit à une séquence avec des poteaux télégraphiques (!!), et c'est juché sur l'un de ces poteaux que Bad Bunny entame sa dernière chanson, qui se termine (après être descendu de ce poteau) avec un
défilé de drapeaux de tous les pays du continent américain (nord et sud), dont il égrène les noms.
=> comme annoncé, tout cela était très "latino" (tout est chanté en espagnol), et très lié à Porto-Rico et sa culture, son histoire, etc… Bon, musicalement ce n'est pas ma tasse de thé, mais j'ai trouvé le show
TRÈS BON, et très
rafraîchissant 
(surtout que j'ai revu le mois dernier le show de l'année précédente, qui était vraiment nul…).
Deuxième mi-temps
Le schéma de la première mi-temps se poursuit en début de troisième quart-temps : à savoir une attaque de New England totalement
inefficace, tandis que celle de Seattle n'est
pas vraiment meilleure, mais parvient tout de même à progresser suffisamment pour se mettre en position de marquer un field-goal (
12 - 0). Mon analyse est que ce sont vraiment
les DÉFENSES qui font la différence : celle de Seattle est intraitable, alors que celle de New England fait majoritairement le job (puisque jusqu'à présent ils ont évité de se prendre un touchdown), MAIS laisse parfois quelques "trous", en particulier à Walker qui continue d'accumuler les yards…
Il faut attendre la toute fin du quart-temps pour que les Patriots obtiennent leur premier first-down de la mi-temps (ce qui signifie que toutes leurs possessions se sont terminées par un punt après un "
3 & out"), et encore, c'est grâce à une pénalité contre la défense de Seattle

! Mais ce n'est VRAIMENT pas leur jour (en tout cas offensivement) : sur la dernière action du troisième,
Drake Maye est forcé à un fumble, récupéré par Seattle.
Ce premier turnover du match donne l'occasion aux Seahawks de marquer ENFIN un touchdown à l'entame du dernier quart-temps, ce qu'ils font par
AJ Barner (passe de Darnold dans l'embut).
Note: ce n'est que la 2
ème fois qu'un Super Bowl est sans touchdown (de l'une ou l'autre des équipes)
après les trois premiers quart-temps (
SB LIII, Patriots contre Rams saison 2018).
Cette fois le trou est fait (
19 - 0), et vu leur prestation offensive ce soir (et la défense irréprochable de Seattle), on voit mal les Patriots revenir. Tout au plus ont-ils un quart-temps (presque) entier pour empêcher un "
shut-out" (score vierge), ce qui n'est
jamais arrivé dans un Super Bowl.
AP / Matt SlocumEt d'un coup
Drake Maye se met à performer : une passe SUPERBE réussie au millimètre à travers 4 défenseurs (

!!), et dans la foulée une bombe vers l'embut qui termine dans les bras de
Mack Hollins pour le touchdown de l'espoir (
19 - 7). Après une bonne défense, New England récupère le ballon, et même s'ils débutent ce drive en étant acculés près de leur propre embut, on se dit qu'ils peuvent profiter de ce léger "
momemtum" en leur faveur pour restaurer un peu de suspense dans ce match. Malheureusement Drake Maye, qui semble décidé à prendre un peu plus de risques dans ses passes pour déjouer la défense de Seattle, prend cette fois un trop gros risque et se fait intercepter…

Ce deuxième turnover conduit à un field-goal supplémentaire de Seattle (
22 - 7). Et sur la possession suivante,
Drake Maye, toujours sous pression de la défense des Seahawks, se fait "voler" le ballon par
Uchenna Nwosu, et celui-ci retourne ce fumble (qui sera ensuite re-classifié en interception) sur 45 yards, pour un touchdown quasi-définitif (
29 - 7, 4'27" à jouer).
Les Patriots marquent un TD un peu avant le "
2 minutes warning", par
Rhamondre Stevenson, avec une conversion à 2 points non réussie (
29 - 13). Puis ils tentent évidemment le "
onside kick" pour conserver le ballon, mais échouent (ce qui est classique : le taux de réussite est à 10%…). Après la pause automatique, les Seahawks n'ont donc plus qu'à épuiser les deux minutes restantes, mais la possession est pour New England, on a donc quand même droit à du jeu (et non un simple défilement du chrono), même si ça ne sert pas à grand-chose.
Score Final |
| |
Seattle Seahawks | New England Patriots |
| 29 | 13 |
Conclusion
C'est donc le
deuxième Super Bowl remporté par les
Seattle Seahawks, après le
SB XLVIII (saison 2013), et la défaite (cuisante à cause des circonstances…) au
SB XLIX l'année suivante.
Le running-back de Seattle,
Kenneth Walker III termine le match avec
135 yards gagnés en 27 courses, ce qui est le meilleur total depuis les 157 de Terrel Davis au SB XXXII (saison 1998). Il faut également ajouter 26 yds gagnés à la passe. Et même s'il n'a pas scoré de touchdown, il est sans surprise élu
MVP du match (
cf. photo de droite ci-dessus).
Note: ce qui est drôle, c'est que cette performance exceptionnelle de Walker amène du coup une petite "prise de tête" pour les dirigeants de Seattle. En effet, il n'est en fait que (normalement) le
deuxième running-back, c'est plus que remplaçant, mais pas titulaire non plus (il joue les matchs, mais uniquement pour laisser se reposer le titulaire, soit environ 20% des actions offensives). Ce n'est qu'après la grosse blessure du titulaire, vers la mi-saison, qu'il a pris le poste, et réalisé une excellente demi-saison puis des playoffs impeccables. Que se passera-t-il lorsque le running-back titulaire reviendra de blessure (pas avant le tiers de la prochaine saison) ??

La situation est d'autant plus compliquée que
Kenneth Walker est en
fin de contrat, et que dès le mois de mars il deviendra "
free agent" et pourra donc signer avec une autre équipe. Son titre de MVP va lui donner une position de force dans les négociations à venir…

Si
l'évolution moderne du jeu (et des stratégies) pousse le côté
offensif (plus de points, plus de touchdowns, plus de yards en général, même les quaterbacks courent beaucoup plus qu'avant…), ce Super Bowl LX a été un véritable contre-exemple en étant
EXTRÊMEMENT DÉFENSIF. À lui seul il a ressuscité le
vieil adage : "
les attaques marquent les points, mais ce sont les défenses qui gagnent les matchs".
Et ce soir, c'est
clairement grâce à une défense légèrement meilleure que celle des Patriots que les Seahawks ont pu faire la différence. Ceci étant dit, il ne faut pas exempter la
responsabilité de l'attaque de New England dans la défaite de ce soir. Si du côté de Seattle l'attaque a certes été minimale (
note: c'est quand même INCROYABLE que la première fois du match où on a vu
Sam Darnold à l'image, pourtant quaterback de l'équipe gagnante, c'est sur le podium lors de la remise du trophée…

), elle a
profité de chaque occasion pour au moins avancer un peu. Or ces "petites occasions" ont
ÉGALEMENT existées pour New England, mais
Drake Maye a raté plusieurs passes "faciles"

(probablement pas aidé par sa ligne offensive, qui a concédé 6 sacks).
Quelques stats historiques :
- Drake Maye est devenu le quaterback le plus "sacké" dans l'histoire des playoffs (21 sacks en 4 matchs, dont 6 ce soir).
- Jason Myers (le punter de Seattle) est devenu le joueur ayant scoré le plus de points sur l'ensemble d'une saison (playoffs inclus) avec un total de 206 points (FGs + PATs; l'ancien record était à 198 et datait de 2006, donc avec un match de moins en saison régulière). Il a aussi établi le nouveau record pour un Super Bowl avec 5 FGs.
Rendez-vous la saison prochaine, le
14 février 2027 au "
SoFi Stadium" à
Inglewood, Californie, où aura lieu le
Super Bowl LXI, qui sera le premier à être diffusé sur ESPN (et sur ABC, maison mère, pour la première fois depuis 2006).

Bye-bye !!